Centre Iannis Xenakis

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Présentation de l'UPIC

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"Il ne faut pas se servir de l’ordinateur uniquement pour la synthèse des sons, mais également pour les macrostructures, les constructions à grandes échelle. […] L’obstacle se situait du côté de l’informatique : comment transmettre à la machine une notation et des concepts que le musicien apprend dans les conservatoires ? La solution, c’était la main : que le musicien donne ses ordres à l’ordinateur par l’intermédiaire de dessins, et non de cartes perforées ou de programmes." Xenakis, Iannis. Si Dieu existait il serait bricoleur, Le Monde de la musique. n°11, 05/1979, p. 9

Partant de ce postulat, Iannis Xenakis a, dès les années 1950, l’intuition de développer une machine lui permettant de se libérer des carcans de la notation musicale traditionnelle, tout en simplifiant l’exploration de cette nouvelle façon de composer : dans son esprit, cet instrument faciliterait, par exemple, la transcription graphique et sonore des glissandi de son œuvre Metastaseis de 1954. Mais c’est seulement en 1977 que naît, dans le centre de recherches fondé par Xenakis (le CEMAMu), le prototype d’une machine hybridant le dessin, la synthèse sonore et la musique : elle est baptisée UPIC (Unitée Polyagogique Informatique du CEMAMu).

En considérant l’agogique comme l’acception qui revêt l’ensemble des paramètres de notation propre à l’expressivité musicale et en y accolant ce suffixe (poly), Xenakis entend ici ouvrir au plus grand nombre des notions préceptives du champs compositionnel (croisant graphiquement structures, sons et dynamiques), en privilégiant le dessin comme vecteur principal de la composition musicale.

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Constituée, dans sa première version, d’une grande table graphique, d’un stylo magnétique, et d’une interface de calcul du signal sonore, l’UPIC permet au compositeur de concevoir visuellement tous les éléments de son opus, de la micro à la macro forme de l’œuvre, en hybridant au sein d’une seule et même machine la conception formelle et la synthèse sonore.

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Grâce à sa souplesse d’utilisation et en ouvrant la composition musicale au dessin, l’UPIC séduit de nombreux compositeurs tout en se prêtant à de multiples expériences, dont les seules limites ne tiennent qu’à l’imagination de ses utilisateurs.

La première machine UPIC, réalisée par le CEMAMu, voit le jour en 1977. Cette innovation technique permettait, à l'aide d'une grande table graphique, de concevoir les éléments de la composition musicale à toutes les échelles de temps, de la forme d'onde jusqu'à la macro-structure de l'oeuvre en passant par l'enveloppe, hybridant ainsi au sein d'une seule et même machine la conception formelle et la synthèse sonore.

Différentes versions se sont succédées, s'adaptant aux capacités technologiques contemporaines, jusqu'à l'UPIX (UPIC soft), solution pour Windows datant de 2001. Cette version est entièrement logicielle - elle ne dépend plus du matériel spécialisé fabriqué par le CEMAMu.

Parmi les compositeurs qui ont utilisé l'UPIC figurent Julio Estrada, Gerard Pape, Bernard Parmegiani, Jean-Claude Risset, Daniel Teruggi, Iannis Xenakis...

Depuis la rentrée 2013 un groupe d'étudiants en Master Génie Logiciel est constitué à l'Université de Rouen, autour du projet de mise à jour et d'extension des fonctionnalités du logiciel UPIX. Une nouvelle version multi-plateformes de ce logiciel devrait voir le jour d'ici la fin de l'année universitaire 2015, une première depuis la disparition de Iannis Xenakis en 2001.